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Il
se peut bien que l’un des écrivains chiliens les
plus légendaires du moment soit David Rosenmann- Taub
(1927). Il a obtenu ce que mille autres personnalités
de notre littérature nationale n’ont même
pas envisagé,
ni s’y sont intéressées: faire impression
exclusivement par son oeuvre. Le “haut-parleur” de
cette renommée poétique a été la
maison d’édition LOM, qui vient de publier País
Más Allá (2004), après Cortejo
y Epinicio (2002), El
Mensajero (2003), et El Cielo en la
Fuente/La Mañana
Eterna (2004).
Cette
légende est d’autant plus surprenante que
Rosenmann-Taub élabore une poésie totalement
différente de tout ce qui se trouve dans nos librairies.
S’ils sont mal lus, ses écrits peuvent donner l’impression
d’être hermétiques, compliqués intentionnellement, émaillés
de mots inusités, d’anachronismes, et d’avoir
une forme quasi épigrammatique. Mais ceci part d’un
jugement limité ou erroné. Il est au contraire évident
que nous avons la chance d’avoir parmi nous un poète
qui manie suprêmement la matière première
de la poésie – la langue – de telle manière
qu’il est capable de construire des structures minimales
d’une grande perfection, caractéristiques d’un
travail qu’il a distillé pendant près d’un
demi siècle. Si on définit la poésie comme
l’art de reculer les limites de la langue, Rosenmann-Taub
est le poète par excellence. Possédant une maîtrise
et un style efficaces et puissants, il contribue à la
légende que d’autres ont forgé à son
sujet, grâce à une
langue qui vivifie le mot, à une poésie unique,
chargée de sens, de musique et de rythme. Rien n’échappe à Rosenmann-Taub,
et le lecteur ne devrait pas non plus laisser échapper
l’occasion de lire et de relire cette oeuvre, sans égale
dans notre littérature.
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